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La RdR toujours autant dénigrée

L'histoire de la Réduction des Risques liés à l'usage des drogues est une succession de combats d'idées et d'actions militantes menées à différents niveau par des professionnels de santé, des élus, des associations mais par dessus tout par des usagers de drogues et leur entourage. Le principe qui veut que les bénéficiaires des actions de santé publique participent à leur élaboration marque un changement important du statut de l'usager de drogue(s) : de criminel, il devient un usager du système de santé et en ce sens on lui reconnaît une expertise sur sa propre santé.

Ce combat pour un tel changement s'est toujours heurté à la vision moraliste du drogué, celui qui prend de LA Drogue, fortement marginalisée et stérotypée par l'opinion publique. Pour amener ce changement au sein de la population dans son ensemble, les militants de la première heure de la Réduction des Risques liés à l'usage de drogues, ont trouvé un soutien courageux et efficace de la part de Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) dès sa création en 1999. En effet, ce service qui dépend directement du premier ministre a décidé en 1999 d'inclure l'alcool et le tabac dans ses campagnes d'information sur les drogues. En mettant, ainsi sur un même plan des substances licites et illicites, leur modes de consommation et leurs risques pour la santé, la MILDT a permis de rapprocher dans l'opinion publique le statut des usagers de ces substances et donc de modifier le regard des uns sur les autres. Autrement dit les problèmes d'une personne dépendante à l'alcool et ceux d'une personne dépendante à la cocaïne ne sont pas si éloignés et de ce fait la différenciation "malade" d'un coté et "criminel" de l'autre s'estompe.

Après ces années de militance et d'expérimentation de cette nouvelle politique publique de santé, une loi est venue en août 2004 enterrinée ce nouveaux paradigme dans lequel les consommateurs de drogues sont reconnus comme acteurs et bénéficiaire du système de santé. C'est dans ce contexte, légal à présent, que Techno+ agit.

Malgrè cela et les bons résultats de cette politique, une poignée d'opposants ne cessent de remettre en cause ces acquis. En janvier dernier, un groupe de députés majoritairement de droite, à signé un texte mettent en cause la politique menée en ce sens par la MILDT et notamment les actions des associations les plus représentatives de son application : l'Auto-Support des Usagers de Drogues (ASUD) et Techno+ !

Lors de notre procès concernant nos flyers de prévention des risques, les 2 représentants successifs de la MILDT, Mme Maestracci et M. Jayle, nous ont apporté leur total soutien. Aujourd'hui, et bien que nous ne soyons pas subventionnés par la MILDT, c'est à Techno+, de soutenir cette institution dans l'attaque dont elle fait l'objet.

 {mospagebreak titre=la lettre des députés}

La lettre qui suit a été envoyée au premier ministre, Dominique de Villepin puis a été reprise dans la presse :

 
Paris, le 25 janvier 2006

Monsieur le Premier ministre,

Au cours de ces quinze dernières années, les Français ont assisté avec angoisse à la progression de la consommation de drogue chez les adolescents, fléau qui menace au quotidien l'avenir de leurs enfants. Avec consternation, les parents ont découvert que la France détient le triste record d'être le premier pays européen en matière de consommation de drogues par les jeunes. Avec courage, ces parents que nous rencontrons tous les jours ne cessent de nous rappeler leur opposition à toute politique de banalisation de la drogue.

Or les Français constatent que les pouvoirs publics, particulièrement la mission ministérielle en charge de la lutte contre la toxicomanie, mènent une politique de gestion de la toxicomanie, au prétexte de la réduction des risques.

Déjà en octobre 2001, le sénateur Roland du Luart, alors rapporteur de la commission sénatoriale sur la politique de la Mildt, dénonçait les dérives de celle-ci, dans son rapport intitulé "Que fait la Mildt de son argent ?".
Roland du Luart critiquait sévèrement la politique de banalisation de la consommation de drogues. Il s'interrogeait également sur les alliances que la Mildt développait avec les associations revendiquant la légalisation des drogues, telles ASUD et Technoplus, ou bien le maintien dans une toxicomanie supposée "plus propre", telle SOS Drogue International.

L'Inspection générale des Affaires sanitaires et sociales relevait également "une opacité, un manque de transparence dans la gestion" de cette dernière association, s'interrogeant sur "ses méthodes et motivations".

Toutefois, les mises en garde du Sénat et de l'IGASS ont été ignorées.
Nommé en septembre 2001, le nouveau président de la Mildt a poursuivi la politique de son prédécesseur. Les stratégies de banalisation des drogues et d'apprentissage à se droguer "proprement" étant mises en ?uvre, le président de la Mildt a franchi une nouvelle étape.
Dans le rapport confidentiel qu'il remettait à M. Jean-Pierre Raffarin alors Premier ministre, le 17 mars 2003, il recommandait la création de salles de distribution d'héroïne au nom, une fois encore, du dogme de la "réduction" des risques. La mobilisation de l'association Parents contre la Drogue (ex : France Sans Drogue) devait suspendre ce processus.

Le président de la Mildt n'en réitérait pas moins sa demande lors de la conférence organisée le 26 novembre 2004 par l'association SOS-Drogue international, ainsi que lors des réunions des responsables européens de la lutte contre la drogue, à la consternation de ces derniers.

Pire encore, des associations financées par le ministère de la Santé et la Mildt distribuent des kits pour se "droguer propre" ainsi que de flyers détaillant les différentes étapes pour consommer "proprement" l'héroïne et la cocaïne à des adolescents non toxicomanes dans des lieux festifs et des établissements scolaires !

Aussi, en tant qu'élus du peuple et en tant que responsables associatifs, nous partageons la profonde indignation de nos concitoyens ainsi que leur détermination à ne pas laisser l'avenir de leurs enfants se désagréger du fait d'une simple politique de gestion de la toxicomanie. Les drogues sont dangereuses pour notre jeunesse, pour les familles, pour notre société qu'elles fragilisent, blessent et fracturent.

Parce que les décisions d'aujourd'hui forgent le visage de la France de demain, il est de notre devoir d'agir pour que la volonté et le bon sens de nos concitoyens prévalent sur toute considération partisane.

Nous condamnons cette dérive de la politique de la prévention des risques et nous demandons la création d'une commission d'enquête parlementaire procédant à une enquête sur l'utilisation des fonds de la Mildt et les subventions allouées à des associations présentant sous un jour favorable les drogues.

De plus, partageant avec le président de la République la volonté de protéger la jeunesse de notre pays des ravages de la drogue, nous sollicitons du chef de l'État qu'il déclare l'année 2006 l'année de la lutte contre la toxicomanie.

Nous souhaiterions également qu'il soit répondu aux nombreuses questions qui ont été posées lors du débat sans vote qui s'est tenu sur ce sujet à l'Assemblée nationale le 14 avril dernier.
Ainsi, il avait été évoqué :

- Le renforcement de la prévention dans les établissements scolaires : la loi du 9 août 2004 rend obligatoire une séance annuelle sur ces sujets dans les collèges et lycées. L'expérimentation s'est déroulée dans plusieurs académies. Ce dispositif sera-t-il généralisé ?

- Par la Loi Gayssot de 1999, l'OFDT et l'INSERM avaient été saisies d'une étude : Quand peut on enfin espérer connaître les conclusions ?

- L'article 12 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique prévoit que les actions de réduction des risques sont conduites selon les orientations définies par un document national de référence approuvé par décret. Quel est-il ?

- Il avait été annoncé le développement de communautés thérapeutiques, structures sans substitution, à l'image de celles qui existent dans plusieurs pays européens. Il s'agit de structures sans drogues, ni médicaments de substitution. Il avait été annoncé que trois d'entre elles seraient créées d'ici à la fin de l'année 2005 grâce au financement de la Mildt. Est-ce le cas ?

- La Mildt et les ministères régaliens devaient également mettre en ?uvre des actions de communication pour rappeler le caractère illicite des stupéfiants. Sont-elles en place ?

- Concernant les subventions, l'État doit exercer un contrôle à la fois sur l'utilisation des fonds qu'il alloue et sur la politique qui est effectivement menée sur le terrain. Il ne peut déléguer certaines de ses prérogatives à des associations que si l'action qu'elles exercent est conforme à la politique pénale. Ce principe de base est-il vraiment vérifié ?

- Le secrétaire d'État à la Santé avait annoncé que la direction générale de la Santé avait commencé en 2004 à faire réaliser par un cabinet spécialisé un audit de la Mildt et des associations qu'elle a subventionnées. Ces audits devaient être poursuivis dans le cadre d'un programme triennal. Qu'en est-il ?


Nous savons, Monsieur le Premier ministre que vous êtes très vigilant sur ces questions de toxicomanie. Nous vous remercions très sincèrement pour l'attention que vous porterez à ce courrier cosigné à ce jour par 85 députés dont la liste est jointe.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, à l'expression de notre haute considération.

Jean-Paul GARRAUD
Député de la Gironde
Serge LEBIGOT
Président de l'association des
parents contre la drogue
Bernard DEBRE
Député de Paris
Claude GOASGUEN
Député de Paris
Jérôme RIVIERE
Député des Alpes-Maritimes
Lionel LUCA
Député des Alpes-Maritimes
Dominique RICHARD
Député du Maine et Loire
Christine BOUTIN
Député des Yvelines
Françoise BRANGET
Député du Doubs


LES DEPUTES SIGNATAIRES

M. Jean-Claude Abrioux, UMP Seine-Saint-Denis M. Alfred Almont, UMP Martinique M. Jean Auclair, UMP Creuse M. Patrick Beaudouin, UMP Val-de-Marne M. Jacques-Alain Bénisti, UMP Val-de-Marne Mme Brigitte Barèges, UMP Tarn-et-Garonne M. Marc Bernier, UMP Mayenne M. Jean-Michel Bertrand, UMP Ain Mme Véronique Besse NI Vendée M. Bruno Bourg-Broc, UMP Marne Mme Chantal Bourragué, UMP Gironde Mme Josiane Boyce, UMP Morbihan M. Gabriel Biancheri, UMP Drôme M. Étienne Blanc, UMP Ain M. Marcel Bonnot, UMP Doubs M. Ghislain Bray, UMP Seine-et-Marne M. Christian Cabal, UMP Loire M. Dominique Caillaud, UMP Vendée M. Bernard Carayon, UMP Tarn M. Roland Chassain, UMP Bouches-du-Rhône M. Gérard Cherpion, UMP Vosges M. Charles Cova, UMP Seine-et-Marne M. Dino Cinieri, UMP Loire M. Louis Cosyns, UMP Cher M. Jean-Pierre Decool App.UMP Nord M. Bernard Depierre, UMP Côte-d'Or M. Jean-Jacques Descamps, UMP Indre-et-Loire M. Jean Diébold, UMP Haute-Garonne M. Michel Diefenbacher, UMP Lot-et-Garonne M. Dominique Dord, UMP Savoie M. Philippe Dubourg, UMP Gironde M. Jean-Michel Ferrand, UMP Vaucluse M. André Flajolet, UMP Pas-de-Calais M. René Galy-Dejean, UMP Paris M. François-Michel Gonnot, UMP Oise M. Marc Francina, UMP Haute-Savoie Mme Arlette Franco, UMP Pyrénées-Orientales M. Franck Gilard, UMP Eure M. Maurice Giro, UMP Vaucluse Mme Arlette Grosskost, UMP Haut-Rhin M. Jean-Jacques Guillet, UMP Hauts-de-Seine M. Olivier Jardé UDF Somme Mme Maryse Joissains-Masini, UMP Bouches-du-Rhône M. Patrick Labaune, UMP Drôme M. Marc Le Fur, UMP Côtes-d'Armor M. Édouard Landrain, UMP Loire-Atlantique Mme Geneviève Levy, UMP Var M. Daniel Mach, UMP Pyrénées-Orientales M. Richard Mallié, UMP Bouches-du-Rhône M. Alain Marleix, UMP Cantal M. Thierry Mariani, UMP Vaucluse M. Bernard Mazouaud, UMP Dordogne M. Christian Ménard, UMP Finistère M. Alain Merly, UMP Lot-et-Garonne M. Pierre Micaux, UMP Aube Mme Nadine Morano, UMP Meurthe-et-Moselle M. Pierre Morel-A-L'Huissier, UMP Lozère M. Étienne Mourrut, UMP Gard M. Jacques Myard, UMP Yvelines M. Jean-Marc Nesme, UMP Saône-et-Loire Mme Bernadette Païx, UMP Haute-Garonne M. Daniel Prévost, UMP Ille-et-Vilaine M. Didier Quentin, UMP Charente-Maritime M. Michel Raison, UMP Haute-Saône M. Frédéric Reiss, UMP Bas-Rhin M. Jacques Remiller, UMP Isère M. Philippe Rouault, UMP Ille-et-Vilaine M. Jean-Marc Roubaud, UMP Gard M. Joël Sarlot NI Vendée M. Daniel Spagnou, UMP Alpes-de-Haute-Provence Mme Hélène Tanguy, UMP Finistère M. Guy Teissier, UMP Bouches-du-Rhône M. Michel Terrot, UMP Rhône Mme Irène Tharin, UMP Doubs M. Léon Vachet, UMP Bouches-du-Rhône M. Gérard Weber, UMP Ardèche M. Michel Zumkeller, UMP Territoire-de-Belfor



{mospagebreak titre=Réponse de Spiritek (Région Nord)}

Réponse de Spiritek (Région Nord)

 

Lille le 31 janvier 2006,

Réponse éclairée aux attaques politiciennes parlementaires obscures,

Madame, Monsieur,

L'association SPIRITEK, vient de prendre connaissance d'une dépêche de l'AFP et du Figaro du samedi 28 janvier. A l'initiative du député UMP Jean Paul GARRAUD, 78 députés de la majorité ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre le Drogue et la Toxicomanie) et sur certaines associations de lutte contre la drogue et la toxicomanie. L'AFP indique que dans dans une lettre adressée au Premier-ministre ces députés, parmi lesquels figurent Bernard Debré, Jean Claude Goasguen et Christine Boutin, demandent par ailleurs que l'année 2006 soit déclarée « /année de lutte contre la toxicomanie/ ».* Jean Pierre Garraud, auteur de la lettre cosignée par ses collègues, qui déclare que «/ les pouvoirs publics, particulièrement la MILDT (…) mènent une politique de gestion de la toxicomanie au prétexte de la réduction du risque/ », accuse les responsables de la Mission de «/mettre en oeuvre/ » des «/ stratégies de banalisation des drogues et d'apprentissage à se droguer proprement/ ». Et le parlementaire de poursuivre « /Pire encore, les associations financées par le ministère de la santé et la MILDT distribuent des kits pour se droguer propre ainsi que des flyers détaillant les différentes étapes pour consommer proprement l'héroïne et la cocaïne à des adolescents non toxicomanes dans des lieux festifs et des établissements scolaires /». Les signataires du textes disent condamner « /cette dérive politique de prévention des risques et demand(er) la création d'une commission d'enquête parlementaire(…) sur l'utilisation des fonds de la MILDT et sur les subventions allouées à des associations présentant sous un jour favorable les drogues/ ».

Pour rappel la Réduction Des Risques (ou RDR) a été constituée à partir d'une démarche de citoyenneté à la Santé. Elle a trouvé l'expression de son fondement pragmatique en France en particulier autour du milieu des années 80 avec l'impérative nécessité de lutter contre les ravages du sida chez les usagers de drogues par voies intraveineuses en particulier. Pour mémoire, notre pays a du attendre en spectateur passif plus de 30 % de contaminés chez cette population et finir par constater une hécatombe, pour que Simone VEIL, prenne les rennes d'une action qui relevait de l'urgence sanitaire et sociale dans un pays qui se voulait et se revendiquait développé. Elle a alors permis la distribution de matériels d'injections stériles auprès d'une population qui a fait depuis la preuve de sa capacité à intégrer des actions de réductions des dommages au sein même des pratiques à risques. Ces programmes posaient alors les fondements de la réduction des risques infectieuses, certes détachés des questions ou de toutes autres réflexions autour de l'abstinence et/ou des moyens d'y parvenir, sans les nier ni les éviter pour autant. La vie était devenue plus précieuse que les questions et jugements posés par certains autour de la façon de vivre. Depuis de nouveaux phénomènes de consommations sont apparues appelant d'autres outils de réduction des risques infectieux (kits stériles pour usagers de drogues par voies nasales qui présentent les risques de transmissions d'hépatites en particuliers par utilisation collectives d'un matériels infectés…) et amenant un élargissement du concept autour de l'ensemble des actions de préservation de la santé des population exposées et ou à risques.

C'est dire qu'en 2006, la Réduction des risques s'est affinée et affirmée et relève d'une véritable stratégie de Santé. Il s'agit d'une démarche de promotion de la santé individuelle basée sur la responsabilisation de la personne. Elle vise à donner au consommateur de drogue(s), licites ou illicites, l'informations et ou les moyens nécessaires pour réduire les risques. Il s'agit d'un élément constitutif d'une démarche de santé publique dans la mesure ou elle vise à éviter que ne se propagent des maladies telles que le Sida ou les Hépatites, ou encore qu'un problème de santé, par exemple les overdoses, ne frappe un groupe important de la population. Elle participe à la mise en éveil de groupes à hauts risques et favorise l'intégration de messages de protection auprès de populations qui au contact de ses pratiques capitalisent un savoir renforçant les facteurs de protection. On ne prévient pas en effet l'abstinence, mais bien, le risque et ou le dommage. Plus une population visualise, s'imagine la possibilité du danger et ou du risque, plus elle tend à l'éviter. D'aucuns professionnels parlent de la réduction des risques comme une véritable prévention des dommages.

En conclusion, la prévention, le traitement et la réduction des risques concurrent ensemble à la promotion de la santé de la population en général et des usagers de drogues en particulier. Une action Politique qui considérerait cette dernière population à la marge, ne serait donc pas une Politique de santé crédible.

Dans l'expression de son affirmation en tant que démarche de promotion de santé, elle acte donc :

  • Qu'une société sans drogues n'existe pas (elle ne valide pas pour autant un quelconque renoncement, ou n'invite pas au laxisme en terme de traitement social)

  • Elle insiste sur le fait que le risque zéro n'existe pas, elle permet donc la mise en garde et participe à l'éveil permanant du consommateur, loin de l'idée d'une politique laxiste)

  • Elle insiste sur la relativité de la notion même de risques qu'il faut pouvoir approcher,

  • Elle défend l'idée que l'information objective ne constitue pas l'incitation. Elle s'appuie sur la diffusion d'une information claire et crédible, objective et accessible sur les risques associés aux usages de Drogues. Comprendre l'utilité du port de la ceinture de Sécurité au volant n'engage pas pour tous une augmentation de la prise de risques liée à la conduite…

C'est ici comprendre la finalité de la réduction des risques.


La RDR, s'organise autour des valeurs :

  • De reconnaissance de l'usagers de drogues comme une personne à part entière, personne capable,

  • De non jugement de la consommation (cette forme de compréhension est à saine distance de toute forme de validation)

  • De reconnaissance des finalités propres à ses actions, et des ses limites,

  • D'affirmer le droit à la Santé de l'usager.


La RDR développe ses actions autour de principes d'interventions :

  • De non banalisation des usages,

  • De donner aux usagers les moyens et ou les attitudes pour réduire au mieux les risques,

  • D'encourager les prises de responsabilités le renforcement de l'estime de soit et de l'autre,

  • D'aller à la rencontre de l'usager dans son milieu de vie.

  • De développer une réflexion et une évaluation constante de ses activités en raison de la dimension expérimentale du champ et des questions éthiques que soulèvent ses actions.

Sur le plan légal, la Réduction des risques fait toujours débats et gorges chaudes de mauvais chanteurs… Elle devrait à ce jour dans le cadre spécifique de son volet de réduction des risques infectieux trouver les bases nouvelles d'une action fondée dans la durée, réalisées depuis des acteurs professionnels identifiés. Elle bénéficie depuis la loi de Santé Publique votée en 2004, et la loi cadre des actions de réductions des risques organisées autour de nouvelles structures agrées par l'Etat (les CAARUD), d'un cadre législatif qui aura échappé aux 78 députés signataires de notre Assemblée.

L'association SPIRITEK souligne les dangers de la stigmatisation des moyens et ou des acteurs de Santé qui concourent à une politique de préservation de la santé inscrite en cohérence avec d'autres acteurs du champ de la lutte contre les usages de drogues et la toxicomanie…

Nous faisons ici appel à vous, et souhaitons une mobilisation rapide et éclairante de votre part quand à la nécessaire défense d'une action qui aura fait la preuve de son intérêt tant du point de vue de la préservation de la santé des citoyens Français que son intérêt et sa portée éducative. La Réduction des risques n'est pas une réponse suffisante à une Politique délirante qui voudrait éradiquer un phénomène parfois problématique propre à l'humain, mais bien l'expression d'une société qui cherche à progresser et qui tend à ne pas s'interdire les moyens de faire progresser celui qui ne doit pas être considéré comme différent.

Vous voudrez bien recevoir, Madame, Monsieur, l'expression de nos plus respectueuses salutations.

Pour le Président,
M. Tonino MACQUET,
et l'ensemble de ses membres,

Le Directeur, Ugo D'ALESSANDRO


{mospagebreak titre=Réaction de la Mairie de Paris}

Paris, le 1er février 2006


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

d'Alain Lhostis, adjoint chargé de la santé et des relations avec l'AP-HP


Prévention des toxicomanies :

mise en cause de la politique de réduction des risques


Un groupe de députés de droite parmi lesquels figurent deux députés parisiens Claude Goasguen et Bernard Debré viennent de demander la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (MILDT) et sur certaines associations de lutte contre le drogue.

En ligne de mire de ces députés : la politique de réduction des risques qu'ils accusent d'être « une politique de gestion de la toxicomanie » et les associations qui présenteraient les drogues « sous un jour favorable ».

Cette croisade contre la politique mise en place depuis vingt ans dans notre pays, fait fi des résultats remarquables de cette politique : chute des décès par overdoses (divisés par 5 entre 1994 et 2002), diminution spectaculaire des contaminations VIH/sida chez les usagers de drogue par voie intraveineuse ( 2% des infections), meilleure qualité de vie et réinsertion réussie pour les personnes bénéficiant de la substitution.

Voilà le bilan de vingt ans de politique de réduction des risques sanitaires et sociaux.

Cette politique n'a jamais été synonyme de banalisation des drogues et de leur consommation. Affirmer le contraire c'est intenter un mauvais procès. Le procédé n'est pas nouveau : déjà au moment où Michèle Barzach, ministre de la Santé décidait de la vente libre des seringues pour stopper la contamination au VIH chez les usagers, les voix n'ont pas manqué de s'élever pour voir dans cette décision un encouragement à se droguer. Au moment où Simone Veil, ministre de la santé, décidait des programmes de substitution, il fut aussi question de « dealers en blouses blanches ».

Lutter contre les drogues et les toxicomanies, c'est tout à la fois, réprimer les trafics, prévenir les usages, réduire les risques sanitaires et sociaux et prendre en charge les usagers.

Pour sa part, la municipalité parisienne s'inscrit dans cette démarche.

C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'elle travaille de concert avec les services déconcentrés de l'Etat, de la MILDT et des départements voisins à la mise en place du plan crack pour le nord est parisien. C'est aussi cette démarche qui l'anime dans le travail de réflexion sur les actions de sensibilisation à mener auprès des jeunes, au regard des résultats de l'enquête ESCAPAD sur les usages largement répandus des consommations de tabac, d'alcool, de cannabis, voire les poppers et autres produits psychoactifs qui touchent un jeune parisien sur deux à 17ans.

Contact presse

Jérôme Girard : 01 42 76 49 61

{mospagebreak titre=Réponse de Jean-Marc Priez}

Réponse de Jean-Marc Priez

 

Paris, le 2 février.

Lettre ouverte à 78 députés

Mesdames, messieurs,

Cela fait maintenant plus de 3 ans que par tous les moyens vous essayez de faire le procès de la politique de réduction des risques, mise en place je vous le rappelle par Madame Barzach et Madame Veil, en vous attaquant à certaines associations, dont Asud et Techno Plus. Audit financièr, commission parlementaire, tribunal, tout est bon, votre seul souhait est de nous voir trainer en place de grève, tondu par la vindicte populaire…. Durant mon procès en tant que président de l'association Techno Plus qui a duré plus de 2 ans, j'ai souvent senti votre haleine de hyène hystérique tant vous vouliez ma condamnation. Malgré tous vos efforts, j'ai gagné tous les procès, vous en étiez furieux…

Mais permettez moi quand même de vous rafraichir la mémoire car si vous vous parez de l'habit de gardien des bonnes m?urs et de la santé de la jeunesse, êtes vous prêts pour autant à revêtir la parure des assassins ?

C'est en 1987 que Michèle Barzach a courageusement, déjà à l'époque en se battant contre des gens comme vous, décidé d'autoriser la distribution de seringues stériles, afin de ralentir la propagation de l'épidémie de sida.

A l'époque, à cause de sa politique extrêmement dure envers les toxicomanes, la France s'est retrouvée face à une hécatombe épouvantable dans cette population, alors que dans les autres pays européens, et notamment les pays anglo-saxons, la politique avait su protéger leurs toxicomanes. Aujourd'hui, quand on voit les résultats de la politique des réduction des risques mise en place en France, alors on ne peut s'empêcher de penser au passé. Chaque personne qui en France a perdu un fils, une fille, un frère, une s?ur, un mari, une femme, dans les années 80, à cause de la drogue, doit savoir que si la France avait adoptée une meilleure politique envers la drogue, il y a 80% de chance à ce que leur proche soit encore vivant aujourd'hui. En politique il ne suffit pas de dire et faire n'importe quoi, il faut aussi assumer ses dires et ces actes . C'est bien une des morales du désolant spectacle auquel nous sommes conviés en ce moment avec la commission d'enquête sur les innocents d'Outreau (et non les « acquittés ») où les députés semblent ignorer superbement que ce sont eux qui ont fait les plans de la machine à broyer judiciaire…

L'autre jour j'entendais Madame Boutin, signataire parmi d'autres, justifier sa position sur le téléchargement gratuit par le fait que pour elle quand 30% de la jeunesse avait une pratique on ne pouvait pas en faire une pratique de délinquance… Bien, cela peut s'entendre mais, avec plus de 45% de jeunes qui disent avoir déjà fumé du cannabis, peut elle nous faire la même démonstration ?

La politique de réduction des risques a quoi qu'on en pense, sauvé des centaines, des milliers de vie en France depuis plus de 15ans, vouloir la remettre en cause, vouloir trainer ses acteurs en justice, c'est assumer l'augmentation de la mortalité chez les toxicomanes et je vous rend comptable de cette mortalité. Je sais que certains parmi vous êtes prêts à assumer celle-ci, tout autant que je sais que les mêmes feraient tout leur possible si leurs propres enfants étaient dans cette situation.

Bien à vous

Jean Marc Priez


 {mospagebreak titre=Réponse commune de sympatisants}


Réponse d'un collectif de sympatisants


le 3 février.

Le samedi 28 janvier, 78 députés de la majorité ont demandé la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la MILDT et certaines associations de lutte contre les toxicomanies.

Des membres de différentes associations d'information, prévention et réduction des risques, après concertation ont décidé de s'associer dans un refus commun de cette proposition.

Développer l'information, la prévention et la veille dans le domaine des toxicomanies est une nécessité qui ne peut plus être contestée au regard des résultats obtenus partout en Europe.

La politique de réduction les risques a démontré qu'elle était indispensable, car elle permet de maîtriser, avec de modestes moyens, les dérives dues aux usages incontrôlés et à l'absence de suivi dans la prise en charge des usagers.

Si le nombre d'overdoses est aussi infime, c'est uniquement grâce à la réduction des risques

Il est donc important d'arrêter une fois pour toute cette politique du scandale développée par certains de nos élus, visant à remettre en question jusqu'au bien-fondé de la MILDT et de son action en se substituant aux professionnels de santé.

Que l'année 2006 soit celle de la lutte contre les addictions est en soi positif, mais ce sujet épineux demande davantage de réserves et de concertations.

Afin que les acquis en matière de veille sanitaire, d'information et de dialogue ne soient pas réduits à néant, nous souhaitons affirmer la force et la nécessité de notre engagement dans un objectif commun à l'ensemble des associations et des structures impliquées.

L'objectif de tous est clair : la baisse des usages problématiques et abusifs.

Sur ce point, chaque jour des victoires sont remportées par ces mêmes associations.

Nous souhaitons que la politique de réduction des risques mise en oeuvre par la MILDT soit reconnue pour sa pertinence et nous attendons de l'Etat Français qu'il continue à respecter et encourager les initiatives en matière de réduction des risques.

{mospagebreak titre=Réaction de l'ANIT}

Communiqué de presse de l'ANIT

Réduire les risques n'est pas augmenter l'usage

A propos d'une commission d'enquête parlementaire

Communiqué de presse de l'ANIT - Jean-Pierre COUTERON, Président de l'ANIT - 7 fev 2006

78 députés demandent l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire visant l'utilisation des budgets de la MILDT. L'argument central de cette interpellation est le financement par la MILDT d'associations qui par leur orientation en faveur de la Réduction Des Risques, favoriseraient l'usage de drogues.

S'il n'est nullement question de contester le rôle des parlementaires dans le contrôle de l'utilisation des fonds publics, leur remise en cause des politiques de soin repose sur une dangereuse confusion. Car il y a bien confusion à ne pas distinguer ce qui relève de la réduction des risques, ce qui relève de la prévention et ce qui relève du soin.

Les acquis de la réduction des risques sont certains, diminution des overdoses, réponse adaptée tant à l'épidémie de SIDA qu'à celle du VHC, contact plus précoce avec les plus exclus des usagers et donc diminution de la criminalité. S'il nous paraît difficile de l'attribuer à tel ou tel versant des actions de la RDR, c'est bien à cette politique dans son ensemble que ces progrès sont dus. Elle ne saurait donc raisonnablement être remise en cause, et notamment en menaçant des associations qui se sont historiquement mobilisées pour en défendre les apports.

Il est nécessaire que la société envoie des messages pour prévenir la consommation de substance. Mais lorsque ces consommations existent, il est tout aussi nécessaire d'éviter qu'elles aient les conséquences les plus dramatiques. C'est cela qui rend non seulement légitime mais indispensable sur le plan de la santé publique que l'on délivre des seringues gratuitement. Ce qui garantit que ces messages ne sont pas incitatifs à la consommation, c'est leur inscription dans une politique de santé et c'est précisément pourquoi les pouvoirs publics doivent soutenir, encadrer et suivre ces actions. C'est ce principe que les députés avaient adopté lors d'un précédent débat.

Pour autant, ce débat peut se poursuivre si nous voulons éviter un rejet de ces politiques, lié à l'incompréhension d'une partie de la population. Chacun peut réfléchir à des adaptations, des évolutions pour mieux en établir les bases et en limiter les éventuels dérapages. C'est donc par une politique globale d'accès aux traitements de substitution, inscrite dans une pluralité de réponses que cet objectif sera le mieux atteint. La place de l'abstinence, le rôle possible des communautés thérapeutique qu'évoquent au détour d'une phrase nos députés demandent le même effort de définition pour qu'elles puissent prendre place dans ce dispositif.

Dans l'étonnante introduction de leur demande, ces députés se réfèrent à une augmentation de "l'usage de drogue", évoquant une première place de la France, et attribuent à la politique de réduction des risques la responsabilité de cet état de fait. Surprenante confusion vraiment, car il semble que ce soit "l'usage de cannabis" qui se cache derrière les termes "d'usage de drogue", et c'est donc son augmentation qui provoquerait la mobilisation parentale, étrangement attribuée à la seule association "Parents contre la drogue".

La politique de Réduction des Risques serait donc responsable de l'usage de cannabis !

Il faut dénoncer cet amalgame, et nous soutenons que le travail fait auprès des usagers dans les boutiques, par exemple, visant une meilleure prise en charge de leur santé par le conseil, l'orientation, l'accès aux seringues propres, n'a aucune conséquence sur l'augmentation de l'usage de cannabis chez les 14-15 ans, mettant cet usage à la hauteur de celui de l'alcool. Ni en France, ni au niveau européen, un lien de causalité entre réduction des risques et usage de cannabis chez les adolescents ne peut être affirmé. Il faut chercher d'autres causes à cette situation et développer des actions et des programmes adéquats, tant en matière de prévention que de soins.

Cette erreur de perspective attribuable à une connaissance partielle ou partiale du dossier, pourrait faire sourire, si effectivement, et en cela nous sommes d'accord avec les auteurs de la lettre, la question n'était grave pour de très nombreuses familles.

L'ANIT s'est pleinement engagée pour chercher des réponses à cette progression des usages de cannabis, mais aussi d'alcool et d'autres substances.

Nous n'avons pas cessé d'interpeller les pouvoirs publics quant à ces usages, en soulignant qu'ils étaient plus nombreux, avec des produits plus forts, concernant un public plus jeune...

C'est pour cela que de très nombreux Centres de Soins spécialisés ont développé, la plus part en lien avec le programme de la MILDT, d'autres sur des modèles originaux, des consultations spécialement orientées vers ces publics.

Une campagne d'information, insuffisante certainement, a été faite. D'autres sont en préparation.

Là encore, le débat reste nécessaire. Partageant certains des objectifs du plan quinquennal, nous sommes en discussion sur d'autres. Les programmes de prévention, le rôle dans ce dispositif des CIRDD, la notion de partenaires de proximité pour entretenir au quotidien un accompagnement éducatif, et non simplement informatif, des actions visant à "structurer" et renforcer les capacités de décision des adolescents, tout cela peut se débattre. Tout cela doit se débattre ! Mais pas dans une confusion polémique qui nuit à la cohérence des discours !

Puisque nos représentants appellent à une année 2006 faisant de la toxicomanie une grande cause nationale, mobilisons nous pour que celle ci s'élève à la hauteur des enjeux. Il est à la fois possible d'agir contre l'usage de substances psychoactives chez les adolescents, et de développer une politique de réduction des risques efficace. Les associations d'usagers ou de santé communautaire ont un rôle à jouer auprès des publics concernés qu'aucune autre association ne peut mener à leur place. Il serait parfaitement contre-productif pour l'accès aux soins et pour la santé publique, de rejeter ces associations dans la clandestinité et le silence comme le réclament les députés. Il faut au contraire travailler avec elles pour qu'elles s'inscrivent dans une politique générale qui vise à faire diminuer la consommation et à en réduire les dommages sanitaires et sociaux. C'est la société dans son ensemble qui en sera aidée.

{mospagebreak titre=Réponse d'ASUD}

Contre les soixante-dix-huit parlementaires par ASUD

Pour le soutien à ASUD et à Techno+

 

Paris, le 10 février.

Le 25 janvier 2006, soixante-dix-huit députés appartenant à l 'actuelle majorité ont adressé à Monsieur de Villepin, Premier Ministre, un courrier demandant la mise en place d'une commission d'enquête concernant les activités de deux associations ASUD et Techno Plus, associations de santé communautaire.

Pourquoi ces deux toutes petites structures avec leur quatre équivalent temps-plein, provoquent-elles l'ire de 78 députés de la majorité, qui pourraient légitimement avoir d'autres chats à fouetter ?

 
Cette initiative est le dernier avatar d'une stratégie de long terme visant à disqualifier moralement, ce que l'on a coutume d'appeler la politique de réduction des risques (RDR).

De quoi s'agit-il? La RDR est ce mouvement de pensée qui a permis, au tournant des années 90, la mise en place de programmes d'échange de seringues, la distribution de produits de substitution comme la méthadone ou à la production de brochures et de journaux s'adressant directement aux usagers, dans un langage non-scientifique, pour les informer sur les moyens de réduire les risques liés aux différents usages des drogues. Cette politique a permis à des milliers de toxicomanes de sortir de la marginalité dans laquelle ils avaient été relégués par trente années de répression. Cette politique rompt délibérément avec la stigmatisation des personnes et la mise à l'index des objets utilisés par les toxicomanes, comme les seringues.

-Rappelons que sous prétexte d'empêcher les drogués de se droguer, on a condamné des milliers d'héroïnomanes des années 70 à utiliser un matériel souillé par le vih et les hépatites.

-Rappelons que cette philosophie de la violence, qui a tué et qui tue encore par le truchement des hépatites, est celle avec laquelle les 7 8 députés signataires veulent renouer.

-Rappelons que grâce à la RDR, un certain nombre de personnes toxicomanes à l'époque sont maintenant en vie..

-Rappelons, pour finir, que de nombreuses personnes, concernées directement dans leur chair, leurs amitiés, ou leurs amours, travaillent actuellement dans nos associations ou y ont travaillé longtemps. Ce débat est donc pavés de vies humaines, brisées, estropiées et ces vies, ce sont les nôtres, pas celles des députés.

Leur stratégie est de disqualifier la RDR, et leur tactique est de concentrer leurs attaques sur ceux qu'ils estiment être les plus vulnérables parmi les acteurs de la RDR. ASUD est une association, animée, dirigée, encadrée par des consommateurs ou ex-consommateurs de substances illicites, des drogués quoi ! Il est donc des gens pour s'en offusquer et considérer que c'est mal. Je dis « mal », c'est à dire moralement condamnable, car c'est le mot qui convient. Nous sommes à priori suspects pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous faisons.

Le langage méprisant utilisé par la « lettre des 78 » visent à séparer les « honnêtes gens » de la racaille que nous sommes supposés être. Pour preuve, l'incroyable mépris qui accueille régulièrement toutes nos demandes de débat, de rencontres, de dialogue. Le procès qui nous est fait est l'un des rares où il est encore possible de calomnier et de condamner à priori, sans qu'il ait possibilité ne serait-ce que de répondre ( voir chronologie des actions menées contre ASUD et T+ jointe au dossier de presse).

La référence constante faite par ce courrier « à la famille », et à la protection des « adolescents » nous indigne. Elle montre une méconnaissance dangereuse du dossier des drogues. Nous ne sommes plus au XIXe siècle, où les « gens comme il faut » pouvait éviter d'avoir à polémiquer avec les « classes dangereuses ». Les drogues et tout particulièrement l'héroïne, posent des questions aux adultes. Les 100 000 personnes substituées au Subutex ou à la méthadone sont plutôt en âge d'être parent qu'enfant. D'ailleurs, parmi eux, nombreux sont ceux qui doivent aux traitements de substitution le bonheur d'avoir pu fonder une famille. Ce sont ces gens que nous représentons à ASUD.

Nous calomnier en écrivant n'importe quoi au Premier Ministre de la République Française est un peu court pour disqualifier l'existence légale de l'association de patients que nous sommes. En tant que telle nous avons droit à un financement public probablement bien supérieur à ce que les morts du sida nous ont finalement permis d'avoir. Attention a ce que l'opprobre que vous agitez au-dessus de nos têtes ne se retourne pas pour souligner la modicité des moyens mis à la disposition des deux seules associations représentant explicitement les millions de personnes concernées par le traitement des addictions.

Messieurs, les députés , nous l'avons déjà écrit ailleurs, le mépris n'est pas la meilleure des armes politiques, en tout cas, elle n'honore pas ceux qui l'utilisent. Nous vous invitons à lire nos articles chaussés d'autres lunettes que celles de la haine et à mieux vous renseigner sur les opinions que nous professons en matière de politique des drogues .

En guise de réponse à votre courrier nous demandons publiquement à l'ensemble des associations et groupement divers, syndicats, parti politiques et simples citoyens qui souhaitent soutenir l'action d'ASUD, association d'usagers et d'ex-usagers de drogues, et Techno plus, association de santé communautaire, engagés dans la politique de réduction des risques, de le manifester publiquement par écrit en signant cet appel.

Pour ASUD
Fabrice Olivet, directeur
Eric Schneider, président


 {mospagebreak titre=Chronologie des actions de certains politiques contre ASUD et Technoplus}


Chronologie des actions entreprises
contre ASUD et Techno +,

par un groupe de politiciens de droite et d'extrême droite


Avril 2003

  • Remise du rapport de la commission sénatoriale « drogues l'autre cancer »

Bien que plusieurs fois cité à charge, ASUD n'est pas auditionné, c'est Jean-François MATTEI, Ministre de la santé de l'époque qui se voit contraint de justifier notre financement public grâce à sa bonne connaissance des actions de terrain d'ASUD à Marseille


2004

  • Campagne de presse initiée par l'hebdomadaire « Valeurs actuelles »

ASUD, Techno+ et SOS Drogues Internationales (SOS DI) sont nommément mises en cause et traînées dans la boue. Malgré plusieurs demandes et mise en demeure par la voie juridique, aucun droit de réponse n'a été accordé à l'association ASUD,en contradiction formelle avec les disposition de la loi sur la presse de 1881.


2005

  • (Juillet)Campagne de presse poursuivie dans le mensuel « le cri du Contribuable ».

Copié-collé des mensonges précédents. SOS DI attaque en justice le directeur de la publication, un politicien de droite, ancien du Front National, et gagne son procès en diffamation.


  • (septembre) Courrier adressé par Fabrice LEBIGOT, président de France Sans Drogues (FSD), adressé à la Direction Générale de la Santé, accusant ASUD de distribuer des seringues à des « non-toxicomanes mineurs » lors du festival SOLYDAYS. ASUD est présent depuis le premier festival Solidays en 1999, invité à mettre en place un stand de prévention qui distribue des brochures de rdr, des préservatifs , des journaux d'ASUD. Pendant que nous luttons sur le terrain, FSD fait des courriers de dénonciation… A chacun ses références historiques.


2003-2005 Affaire J.M. Priez

Pendant deux années, de première instance en appel, contre appel et cassation, Jean-marc Priez, ex-président de Techno+, a été poursuivi dans le cadre de la présentation des stupéfiants sous un jour favorable (art … du code de la santé publique). Malgré la réédition sous une forme juridique de tous les arguments exposés dans la « lettre des 78 », la justice a tranché en 2005 en faveur de la RDR en relaxant Jean-Marc Priez de toutes les charges retenues contre lui. Là aussi les « flyers détaillant les différentes étapes pour se droguer proprement » ont été mis a contribution devant les juges, là aussi l'accusation tacite pesait sur le travail de l'ex-MILDT, Nicole Maestracci, citée à décharge par la défense. Il est à craindre que la défaite endurée par le clandes « 78 » devant la justice n'ai fait qu'aiguillonner une volonté de revanche sur le terrain politique, considéré comme plus propice.


{mospagebreak titre=Réponse de TechnoPlus}

COMMUNIQUE DE TECHNO PLUS


Paris, le 10 février

Dans une lettre au 1er ministre, 78 députés viennent de demander l'ouverture d'une commission parlementaire sur les missions de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie en mettant en cause nommément les associations ASUD et Techno Plus. Que les parlementaires soient soucieux de la bonne utilisation des subventions publiques octroyées à nos associations et qu'une évaluation des actions qui nous ont été délégués en contrepartie soit effectué nous paraît normal et justifié. Mais nous ne pouvons accepter , sous prétexte que nos deux associations se revendiquent citoyennes, qu'elle soit association d'auto-support comme ASUD, ou issue du mouvement Techno comme Techno Plus, que notre travail soit remis en cause en pratiquant amalgame, mensonge et contre vérités.


Sous l'impulsion des différent(e)s ministres de la santé, notamment de Michèle Barzach et Simone Veil, la France a décidé de mettre en place une politique de réduction des risques, rattrapant ainsi le retard qu'elle avait pris par rapport à ses voisins européens. Aujourd'hui, quinze ans plus tard, les résultats sont là : la mortalité par overdose a été divisé par 5, l'épidémie de sida qui touchait fortement la population des usagers de drogues s'est pratiquement arrêtée, plus de 100 000 personnes sont aujourd'hui sous traitements, la délinquance liée à l'usage des drogues a fortement baissé. Qui peut nier aujourd'hui ces résultats ? Qui peut regretter ces milliers de vies sauvées ? Qui peut s'offusquer qu'il y ait un traitement autre que la prison ou la mort ? Que cela soit par méconnaissance ou idéologie, nous comprenons la position de certains signataires, mais nous somme surpris d'y retrouver la signature d'un professeur de médecine qui connaît lui, le prix d'une vie sauvée…

En 1995, face à l'augmentation de la consommation des nouvelles drogues de synthèse dans les espaces festifs, des volontaires issus de ces lieux festifs ont décidé de créer l'association Techno Plus afin d'informer leurs pairs des risques liés à l'usage de ces drogues. Tirant les leçons de l'échec des politiques précédentes basées sur l'interdit et la répression, Techno Plus a basé sa politique sur la responsabilisation individuelle des personnes, prônant une politique dite de réduction des risques : Oui, il faut mieux ne pas consommer des drogues que d'en consommer, mais si on en consomme, alors une fois par mois c'est mieux qu'une fois par jour, ½ c'est mieux qu'1, avoir une paille ou une seringue personnelle c'est mieux que la partager…….


Avec 10 ans de recul, l'association Techno Plus, ainsi que toutes les associations qui agissent en ce sens en milieu festif peut être fier des résultats obtenus, la consommation des drogues de synthèse en France n'a pas engendré de problèmes de santé publique majeurs, ce qui est à priori le but recherché de toute politique même celle basée sur l'interdit et la répression….


Par contre, jamais l'association Techno Plus n'a milité pour la légalisation de l'usage des drogues. Ni dans ses écrits, propos, ou actes il existe trace d'une telle position. Bien que cela ne soit pas son travail, la justice a tranché et a considéré que le travail de Techno Plus était un travail de réduction des risques visant à préserver la santé des personnes. Si l'association avait prôné la légalisation des drogues il en aurait été autrement, elle aurait été condamné et ce à juste titre.

Et à qui peut on faire croire que Techno Plus et ASUD distribuent des seringues dans les écoles ? Combien de parents ont vu leurs enfants rentrer chez eux le soir avec une seringue dans leur cartable, et si cela était, serait ce les associations qui distribuent ces seringues qui seraient en cause, ou l'éducation nationale qui invitent à cette distribution ?

Outre que ce type d'affirmation marque un manque de sérieux de la part d'élus censés organiser la société, cela montre que les opposants à la politique de réduction des risques n'ont que peu d'arguments à opposer puisqu'il leur faut en inventer.


Les français, les parents, au nom de qui on parle trop souvent sans vraiment les écouter, sont plutôt favorables à une politique pragmatique sur l'usage des drogues et ont bien vu que malgré que la France soit le pays le plus répressif en Europe, avec la Suède, c'était aussi le pays où la consommation de drogues chez les jeunes était la plus forte et que traiter 1/3 de sa jeunesse en délinquant n'était pas une solution digne d'un pays...

L'Europe que l'on invoque souvent seulement pour lui faire dire des choses qu'elle n'a pas dite, tend à se démarquer de plus en plus de la politique répressive imposée par les Etats-Unis et qui n'offre d'autres résultats que d'augmenter la mortalité et remplir les prisons .

Et si l'association Techno Plus était venu expliquer son travail au parlement français, aussi souvent qu'elle a été convié à le faire dans l'enceinte du parlement européen, sans doute que les députés signataires de la demande de commission d'enquête ne pourraient prétendre à ces contre vérités qui confinent à la désinformation…….


Techno Plus

 {mospagebreak titre=Réponse pastiche (pour rire un peu)}
 

Réponse pastiche

 

Cette réponse reprend la même structure que la lettre originale des députés en interpellant le premier ministre Dominique de Villepin

 
Paris, le ???

Mesdames, messieurs les députés,

Au cours de ces quinze dernières années, les français ont assisté avec espoir à la progression de la baisse de la transmission du vih et de la mortalité par overdose chez les usagers de drogues, fléaux qui menacent au quotidien l'avenir de leurs enfants usagers de drogues. Avec consternation, les parents ont découvert que la France détient le triste record d'être le premier pays européen en matière de répression contre les jeunes. Avec courage, ces parents que nous rencontrons tous les jours ne cessent de nous rappeler leur opposition à toute politique de banalisation de la drogue.

Or les Français constatent que des parlementaires, particulièrement ceux et celles qui devraient mieux connaître la lutte contre la toxicomanie, incitent à une politique de gestion de la répression, au prétexte de nier les résultats de la politique de réduction des risques.

Déjà en octobre 2001, le sénateur Roland du Luart, alors rapporteur de la commission sénatoriale sur la politique de la Mildt, dénonçait les « dérives » de celle-ci, dans son rapport intitulé "Que fait la Mildt de son argent ?".

Roland du Luart critiquait sévèrement la politique de réduction des risques. Il s'interrogeait également sur les alliances que la Mildt développait avec des associations revendiquant d'après lui la légalisation des drogues, telles ASUD et Technoplus, ou bien le maintien dans une toxicomanie supposée "plus propre", telle SOS Drogue International, ce qui témoignait sinon l'envie de nuire au moins déjà une méconnaissance du dossier.

Dans le rapport confidentiel qu'il remettait à M. Jean-Pierre Raffarin alors Premier ministre, le 17 mars 2003, il recommandait la création de salles de distribution d'héroïne au nom de la "réduction" des risques. La mobilisation de l'association Parents contre la Drogue (ex : France Sans Drogue) devait malheureusement suspendre ce processus. Aurez vous le courage politique de passer outre au nom de la santé publique ?

Le président de la Mildt a réitéré sa demande lors de la conférence organisée le 26 novembre 2004 par l'association SOS-Drogue international, ainsi que lors des réunions des responsables européens de la lutte contre la drogue, à la satisfaction de ces derniers qui craignent un retour en arrière de la politique française.

Les associations financées par le ministère de la Santé et la Mildt distribuent auprès des usagers des kits pour se protéger des risques liés à l'usage des drogues, ainsi que de flyers détaillant les différents risques sur la consommation de l'ecstasy, la cocaïne, la kétamine à des jeunes et moins jeunes dans des lieux festifs. Ce qui ne saurait être en contradiction avec une politique de prévention dans les établissements scolaires !

Aussi, en tant qu'élus du peuple et en tant que responsables associatifs, nous partageons la profonde indignation de nos concitoyens ainsi que leur détermination à ne pas laisser l'avenir de leurs enfants se désagréger du fait du retour à une politique qui a su montrer ses limites et s'est révélée meurtrière. Les politiques répressives sont dangereuses pour notre jeunesse, pour les familles, pour notre société qu'elles fragilisent, blessent et fracturent.

Parce que les décisions d'aujourd'hui forgent le visage de la France de demain, il est de notre devoir d'agir pour que la volonté et le bon sens de nos concitoyens prévalent sur toute considération partisane.

Nous condamnons cette dérive de la politique de la prévention des risques et nous demandons la création d'une commission d'enquête parlementaire procédant à une enquête sur les résultats obtenus depuis 15 ans par la politique de réduction des risques afin que ceux-ci ne puissent plus jamais être remis en doute

De plus, partageant avec le président de la République la volonté de ne pas faire l'amalgame entre le cancer et la drogue, nous sollicitons du chef de l'État qu'il déclare l'année 2006 l'année de la de réduction des risques

Les assos



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