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La préfète de la rue de la soif

Une préfette en guerre contre les pratiques festives à Rennes...

Source : Revue de presse de la MILDT du 17/01/2006

LE MONDE dresse un portrait de Bernadette Malgorn « La préfète de la rue de la soif ».
Indiquant « qu'à Rennes, de nombreux jeunes avaient pris l'habitude de faire la fête sur les trottoirs du centre ville », le journal souligne que « Bernadette Malgorn, préfète de région a entrepris d'y mettre bon ordre. Façon musclée ». D'après le quotidien, « la nouvelle « mère fouettarde » des nuits rennaises, connaît son sujet, autrement dit, ce quartier du centre ville également appelé « rue de la soif  ». Le journal qui rapporte qu'elle « veut mettre fin aux bacchanales alcoolisées qui se déroulent chaque jeudi soir », précise que pour ce faire, elle utilise "les grands moyens et déploie des forces de l'ordre en nombre", ce qui a surpris, et lance un débat qui « bouscule la politique locale ». Affirmant que ces débordements ne sont pas nouveaux à Rennes, le journal note qu'aujourd'hui, paradoxalement, ce ne sont pas les bars qui occasionnent les nuisances mais les consommateurs qui boivent dehors, discutent et chantent, « un cauchemar pour les riverains ». Affirmant que les coupables désignés sont les nouveaux modes de consommation d'alcool, le quotidien précise que chaque petit groupe prépare un « mix » mélangeant alcool fort et jus de fruit dans une bouteille en plastique, ce qui permet d'atteindre l'ivresse rapidement. D'après le journal, Bernadette Malgorn a fait « une description apocalyptique de ces soirées » affirmant «  c'est assez hallucinant. vous avez là des gens tout à fait normaux (...) étudiants (...) qui viennent avec des sacs remplis de bouteilles (...) ces gens ingurgitent tout cela, se déshabillent, font partout... il y a des accouplements en plein air, des hurlements... On casse tout se qui se trouve sous la main ». Le Monde qui indique que « pour arriver à ses fins la préfète s'est dotée d'un arsenal juridique digne des pays scandinaves », évoque les différents arrêtés visant à limiter la consommation d'alcool, mais aussi la mobilisation des CRS et les affrontements « bombes lacrymogènes contre canettes de bière ». Après avoir signalé que le 6 janvier, 200 personnes ont manifesté pour demander la démission de la préfète, Frédéric Potet fait état de son « sens de la communication redoutable » dont témoigne un publi reportage émanant de la préfecture et publié dans Ouest France sous le titre « La Bretagne face à ses démons » (alcool, tabac , cannabis, fêtes). Le journaliste observe que la préfète n'a aucun mal à justifier sa politique puisque selon les études, la Bretagne « bat tous les records d'alcoolisation chez les jeunes », pour interroger « la matraque peut elle limiter le phénomène ? ». Un musicien, animateur des Etats généraux de la fête, assure « culpabiliser les pratiques festives en affirmant que c'est la source de tous les excès est une erreur  ». Selon lui, l'attitude de la jeunesse «  rue de la soif  » correspond d'abord « aux nouvelles pratiques festives d'une population jeune qui n'est plus la même que celle d'il y a quinze ans. C'est la génération rave parties. Ces jeunes aiment se retrouver en dehors d'un système marchand (...) comme ils ont moins d'argent ils ont pris l'habitude de détester les bars de nuit ». Evoquant la fermeture de nombreux bars à Rennes en raison de décrets ou circulaires, le journal rapporte les propos d'un sociologue « les professionnels de la nuit parvenaient à organiser l'ivresse dans leurs établissements (...) boire dehors augmente le risque toxicomaniaque, car on croise dans la rue d'autres populations qui consomment d'autres produits  ». Frédéric Potet souligne que la municipalité a lancé au printemps les soirées « Dazibao » gratuites et sans alcool avec spectacles, sport, surf sur internet, transats, mais que si elles attirent environ 2000 personnes en moyenne, le problème de l'ivresse n'est pas pour autant réglé, sachant toutefois que les nuisances ont considérablement diminué. Edmond Hervé, maire de Rennes considère de ce fait que l'on peut s'attaquer à l'alcool autrement qu'avec « une conception sécuritaire de la jeunesse » et il reproche à la préfète, selon lui « très politique », d'avoir porté atteinte à la réputation de la ville. Bernadette Malgorn, qui assure « ne pas être « téléguidée » par Nicolas Sarkozy », se défend «  la lutte contre la consommation excessive d'alcool n'est pas une politique de droite mais une politique durable de l'Etat ». Un propriétaire de bar qui a dû renoncer à organiser ses concerts, contredit pour sa part la préfète « Rennes ville rock, ville de gauche, est une ville test pour le gouvernement. Bernadette c'est Nicolas ».



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