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Un député italiens sur trois fait usage de drogues

1 tiers des députés italiens positifs aux tests de dépistage de drogues...
Pubdate: 9/10/06
Source: La Republica (traduit par Chanvreinfo) 
URL:http://www.chanvre-info.ch/info/fr/Italie-Les-hyenes-Un-depute-sur.html

ROME - Drogue au parlement ? Le test sur les députés effectué, grâce à une ruse, par les Hyènes, allume une mèche politique. Avec le radical Daniele Capezzone qui donne un commentaire caustique : « Je l'ai toujours dit... » Alessandra Mussolini qui exige le nom des consommateurs et Italo Bocchino, député de Alleanza Nazionale, qui, par l'intermédiaire d'un avocat, demande la séquestration immédiate de l'échantillon récolté illicitement et la destruction du même au cours d'un procès. Dans la soirée tombent les foudres de Pierferdinando Casini (UDC) qui liquide le « scoop » comme une « très mauvaise trouvaille publicitaire ». Au contraire Piero Fassino ironise : « Il se peut - dit le secrétaire des DS - que de cette façon on fasse plus vite pour changer la loi Fini sur les dépendances ».Le test, effectué sur 50 députés à leur insu et dont les résultats seront présentés dans la première émission de la nouvelle série du programme (10 octobre à 21 heures sur Italia 1) pourrait créer un embarras considérable dans les palais de la politique : un parlementaire sur trois fait usage de stupéfiants, surtout du cannabis mais aussi de la cocaïne. Voilà les données : 32 % des « interviewés » a été trouvé positif : parmi cela 24 % (12 personnes) au cannabis et 8 % (4 personnes) à la cocaïne.

L'examen est le Drug Wipe, un tampon frontal qui, comme nous l'explique Davide Parenti, chef des auteurs des Hyènes, a un pourcentage de fiabilité de 100 %. En réalité le toxicologue Piergiorgio Zuccaro, directeur de l' Observatoire fumée, alcool et drogue de l'Institut supérieur de Santé publique, définit le drug wipe comme un test « sérieux et scientifiquement valable, mais insuffisant à confirmer à lui tout seul la positivité à l'usage de drogue. Normalement, si le drug wipe est négatif, le résultat est confirmé comme tel mais s'il est positif, la confirmation ultérieure d'un laboratoire est nécessaire, vu qu'il est possible de découvrir de faux positifs.

Les députés ont été approchés sous le prétexte d'une interview. Puis une fausse maquilleuse s'apercevait que le front de l'interviewé était « trop brillant » et tamponnait. En réalité l'ignorant s'était soumis, sans le savoir, au test qui révèle si l'on a fait usage de stupéfiants dans les dernières 36 heures.

« Le test - explique Parenti - est fiable à 100 % si l'on a usé de substances stupéfiantes dans les dernières 36 heures. Ce qui signifie qu'il suffit d'en avoir fait usage plus de deux jours avant pour être négatif. L'erreur peut plutôt être faite par défaut : il peut en effet se passer que le test ne réagit pas chez quelqu'un qui a effectivement consommé cannabis, coke ou autre chose, mais jamais il n'indique comme positif quelqu'un qui est propre.

Dans le reportage - enquête on ne reconnaîtra pas les députés soumis au test : « Nous mêmes ne savons pas lesquels sont les positifs parmi les députés interviewés. Ce qui nous intéresse n'est pas la violation mais les données en pourcentage. Et c'est justement sur l'anonymat que se rue la combative Mussolini : « Nous voulons savoir qui, parmi les représentants du peuple, fait usage de drogues, comment et chez qui il l'achète mais surtout s'il la vend. Il ne nous manque plus que le député « pusher » (dealer). Et pour que l'on sache qu'elle ne rigole pas, la leader de Azione Sociale a déjà activé une pétition on-line sur le site du parti à présenter aux présidents des deux chambres.

Sur des positions complètement opposées Luigi Lusi, de la Margherita, qui demande aux Hyènes d'y repenser et de ne pas diffuser une « enquête altérée » car, en se basant sur les anticipations, elle serait non seulement basée sur des méthodes à vérifier, mais elle laisserait à désirer tant du point de vue des droits que de celui du respect de l'intimité personnelle et, last but not least, du point de vue de la fiabilité médicale, en donnant un message faussé aux jeunes qui représentent justement le public principal de cette émission ». Lusi, comme Mussolini, demande à Bertinotti et Marini une intervention, mais de signe contraire, c.à.d. en défense des parlementaires.

Sur le scoop des Hyènes intervient aussi le ministre pour la solidarité sociale Paolo Ferrero qui ne s'étonne pas devant « ce qui est la vox populi sur la consommation de substances de la part de bien des parlementaires ». Ferrero demande donc « au monde politique de réfléchir de façon un peu plus laïque sur la matière ».

Invité à Porta a Porta Casini et Fassino se la jouent différemment l'un de l'autre. Très dur le leader de l'UDC : »Cette chose me semble une très mauvaise trouvaille publicitaire. La fiabilité de cette espèce de test pseudo scientifique est nulle ». Fassino au contraire explique ironiquement que peut-être cette émission aidera le Parlement à faire une nouvelle loi sur la drogue.

Jugement tranchant celui du député Vert Paolo Cento qui s'en prend aux moralistes : « L'hypocrisie d'une partie du monde politique qui vote des lois liberticides et ensuite sniffe de la coke ne surprend point ».

Plus désinvolte Capezzone : « J'ai appris en lisant la ruse utilisée par « les Hyènes » auxquelles je transmet mes compliments. De mon côté j'ai toujours soutenu que si un chien policier entrait dans certains lieux de la « politique officielle » tout d'abord son nez ferait Tilt, puis il renoncerait... »

Et Carlo Giovanardi, ex - ministre, « père » de la récente loi sur la drogues, demande ironiquement que l'examen soit élargi au Sénat aussi : « Si les Hyènes veulent dire que même au Parlement il y en a qui consomme de la cocaïne - dit Giovanardi - elles découvrent l'eau chaude » . Pour conclure, avec une lourde allusion, « Il suffit d'aller voir parmi les sénateurs à vie... »

Entre temps, Italo Bocchino a mandaté l'avocat Leone Zettieri pour engager une action judiciaire contre l'émission « Les Hyènes » : « Tout en n'ayant rien à cacher - explique-t-il - et tout en étant parmi les députés négatifs au test toxicologique, je trouve gravissime du point de vue pénal le sans-gêne de qui, dans le but de 'faire de l'audience', est aujourd'hui en possession de l'ADN de cinquante parlementaires.

Le Vert Tommaso Pellegrino admet aussi être « parmi les parlementaires qui se sont soumis au test des 'Hyènes' » mais « ne pas faire usage de drogue donc d'être disponible à me soumettre aussi à d'autres tests ». Cela dit il espère que « l'enquête promue par cette émission puisse représenter une occasion de débat, même parlementaire, contre l'hypocrisie du prohibitionnisme qui n'a causé que des dommages ».

 

Traduction Chanvre-Info

Petit lexique :

Daniele Capezzone : Secrétaire des Radicali italiani (parti Radical - antiprohibitionniste) et député à la chambre pour « La rosa nel pugno » (Union des Radicaux et des anciens Socialistes survécus à Craxi)

Alessandra Mussolini : leader de « Azione Sociale » . Groupe sorti à droite de Alleanza Nazionale pour non respect de la mémoire du grand-père de Alessandra Mussolini, Benito

Alleanza Nazionale : parti surgi des cendres du MSI (Mouvement Social Italien). Ex parti Fasciste qui après la défaite en 1945 avait dû changer de nom

Italo Bocchino : Député de Alleanza Nazionale,

Pierferdinando Casini : leader de l'UDC, partie de la Démocratie Chrétienne qui s'est alliée à Berlusconi

Piero Fassino : Secrétaire des DS (Démocrates de gauche), DS (Democratici di sinistra - Démocrates de gauche) : ex PCI (Parti Comuniste Italien) qui a changé de nom après l'effondrement de l'URSS

Gianfranco Fini : Secrétaire de Alleanza Nazionale

La Margherita : Parti catholique allié des DS. La plus grosse partie de l'ancienne Démocratie Chrétienne

Carlo Giovanardi : ancien ministre du gouvernement Berlusconi. Auteur, avec Fini, de l'horrible loi sur les drogues qui porte leur noms votée en toute vitesse à la fin de la précédente législature

Porta a porta : émission fétiche de la première chaîne italienne où les chefs aiment défiler et se montrer devant les yeux d'un mammouth du journalisme au service du gouvernement qui se nomme Bruno Vespa.

Andrea Salati, traducteur du texte.

 


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