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La prise d'ecstasy pourrait induire le vieillissement précoce du cerveau

Des chercheurs portugais pensent que le MDMA est  neurotoxique...

Date : Article paru dans l'édition du 23.09.07.
Source : le Monde

Les substances illicites qui modifient les états de conscience peuvent-elles être consommées sans provoquer des conséquences neurologiques à moyen ou long terme ? Peut-on continuer à laisser présenter le cannabis et l'ecstasy comme de simples substances "récréatives" ?

Les conclusions de plusieurs publications scientifiques récentes incitent à répondre par la négative. La dernière information dans ce domaine est signée par un groupe de biologistes et de toxicologues portugais dirigés par le docteur Félix Dias Carvalho (département de toxicologie, université de Porto). Mardi 18 septembre, cette équipe annonçait avoir découvert un mécanisme moléculaire expliquant l'action de l'ecstasy (ou MDMA) sur le métabolisme cérébral. Les détails de leur travail sont publiés dans le dernier numéro du Journal of Neuroscience. "Nos travaux nous permettent aujourd'hui de soutenir sérieusement l'hypothèse selon laquelle la consommation de MDMA est de nature neurotoxique, explique le docteur Carvalho. Nous pensons que le mécanisme que nous avons mis en lumière est de nature à pouvoir induire chez les consommateurs de cette substance psychotrope un vieillissement accéléré du système nerveux central et, par-là même, un risque accru de survenue de pathologies neuro-dégénératives, au premier rang desquelles la maladie d'Alzheimer."

SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

Dérivé de l'amphétamine, l'ecstasy est généralement considérée par ses consommateurs comme une substance dont la toxicité est, si elle existe, minime. Corollaire ou pas, cette substance fait l'objet d'une consommation croissante chez les jeunes, particulièrement lors des manifestations "raves". Pour les spécialistes des neurosciences, ce phénomène justifie pleinement que l'on s'intéresse aux effets qu'elle provoque sur le système nerveux central. Il s'agit là d'un sujet de recherche du même ordre que tous ceux, nombreux, qui concernent le décryptage des mécanismes cérébraux des phénomènes d'assuétude.

En 2005, une équipe française de l'unité 619 de l'Inserm avait identifié dans la revue Brain Research un mécanisme d'action de l'ecstasy. "Travaillant chez le rat - un modèle animal considéré comme pertinent en neurobiologie -, nous avons montré que l'administration de MDMA à des femelles gestantes, dans une période correspondant chez l'humain au troisième trimestre de grossesse, induisait chez les petits puis chez les rats devenus adultes des dysfonctionnements de certains circuits neuronaux importants, ceux dits à dopamine et à sérotonine, explique Sylvie Chalon, directrice de recherche à l'Inserm. Le travail de nos collègues portugais apporte de nouvelles informations sur les mécanismes d'action de l'ecstasy qui vont dans le même sens quant à la toxicité à long terme."

L'équipe du docteur Carvalho a également travaillé sur le rat. Ses derniers résultats démontrent en substance que l'ecstasy agit directement sur les mitochondries des cellules neuronales qui, réunies en différents circuits, jouent un rôle majeur dans le fonctionnement cérébral. Les mitochondries sont des organites intracellulaires qui fournissent l'énergie indispensable au métabolisme de la cellule. La MDMA induit une destruction mitochondriale en prenant pour cible une structure - la monoamine oxydase B - qui est présente dans ces organites.

"Ce travail très intéressant confirme l'un des aspects neurotoxiques de l'ecstasy, estime Jean-Pol Tassin (Inserm, Collège de France). Il nous permet d'avancer sur le décryptage des mécanismes de cette toxicité et suggère de quelle manière on pourrait, peut-être, limiter les effets délétères de cette drogue. Certains travaux récents laissent en effet penser que l'antidépresseur Prozac pourrait être proposé comme agent protecteur contre ce type de toxicité neurologique."

Jean-Yves Nau

 

Note de T+ : Il existe un nombre gigantesque de molécule dont la consommation est neurotoxique mais avant de dire que la consommation d'un substance peut induire un vieillissement accélérer du système nerveux central il faut faire des études bien plus poussé que celle de trouvé un mécanisme moléculaire de neurotoxicité. Par exemple, selon le même raisonnement des chercheurs peuvent trouver un mécanisme moléculaire de neurotoxicité de la caféine et déduire que la consommation de café pourrait conduire à la maladie d'alzheimer. Bien sûr ça fait rire avec le café parce que l'on sait que les grands mères qui en boivent n'ont pas plus de maladie d'Alzheimer que celles qui ne boivent que du thé mais pour le MDMA ça fait peur parce que c'est une nouvelle drogue dont nous avons pas assez de personnes en âge d'avoir Alzheimer qui en ont consommé pendant des années pour pouvoir affirmer que cette consommation n'induit pas cette maladie mentale. Mais c'est vrai qu'avec la merveilleuse conjugaison du « conditionnel présent »  on peut raconter tout et n'importe quoi. 



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