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La différence entre consommation personnelle et trafic est ténue

Le président de la MILDT démontre grâce à la série Weeds que tout consommateur de shit est un dealer en puissance...

Source : LE MONDE
Date : 14.02.08

Vous présidez la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) et avez fait réaliser l'étude Le Trafic de cannabis en France, publiée en 2007 par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Comment lutter contre des grossistes qui peuvent gagner jusqu'à l'équivalent d'un smic par jour ?
Il faut d'abord identifier le patrimoine des grossistes, souvent dissimulé, pour ensuite, ce qui est plus difficile, le confisquer s'ils sont reconnus coupables. Mais la procédure est longue et complexe. Si un trafiquant possède des actions, une entreprise, un immeuble et qu'ils sont saisis, le rôle du juge d'instruction n'est pas de donner l'ordre de les vendre ni de les gérer. Toutefois, Rachida Dati, garde des sceaux, souhaite simplifier la procédure et la rendre plus efficace lors du prochain plan gouvernemental de lutte contre les drogues coordonné par la Mildt.

Contrairement aux grossistes, les revendeurs de rue sont des gagne-petit. Que pensez-vous de cette économie de subsistance ?
Accepter cette pratique revient à dire qu'on admet la prostitution des étudiantes pour payer leur scolarité, ou le vol de la part des plus pauvres... En réalité, si le petit trafic rapporte très peu, il permet à un grand nombre d'usagers de payer leur consommation personnelle. La différence entre le simple usage personnel, quand il est très régulier, et le trafic, est ténue.

Ce message est-il difficile à faire passer ?
La série télévisée "Weeds", diffusée par Canal+, est significative. Et effrayante en même temps. C'est l'histoire d'une femme qui, pour élever ses deux fils, vend du cannabis. Cette série prouve qu'il est facile de brouiller les messages : rien n'est grave, cette femme faisant de la vente "responsable" puisqu'elle s'interdit d'en fournir aux enfants. Puis, son commerce s'étend... C'est un glissement de la norme, car on finit par présenter sous un jour sympathique - et implicitement, on le justifie - un comportement scandaleux. Je ne suis pas pour une "morale élastique" qui justifierait l'économie souterraine et les dérives individuelles par la dureté des temps.

Comment remédier à cela ?
En informant mieux sur les dangers sanitaires, sociaux et judiciaires des drogues. Les personnes interpellées en train de fumer ou avec un joint en poche devront faire un stage de sensibilisation de deux jours, payable à leurs frais. Ces stages seront opérationnels d'ici à la fin du premier semestre. C'est une manière de faire prendre conscience des risques réels du cannabis ou de la cocaïne. Qui sait qu'ils sont à l'origine de 20 % des accidents du travail ?



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Kétamine Bonne mine