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Mieux sensibiliser les professionnels de l'audiovisuel à la lutte contre les drogues

Vers une télé aseptisée, pour notre bien forcément...

Date : juin 2008
Source : http://www.lalettredelamildt.fr/archives.php?lettre=25&cirdd=8

Chacun est conscient que les médias audiovisuels peuvent avoir  une influence très importante sur les comportements des auditeurs et des téléspectateurs, notamment des jeunes. Notre société est donc en droit d'attendre beaucoup de l'audiovisuel quant à la protection de la santé publique, en particulier dans le domaine de la prévention. 
Depuis près de vingt ans, le Conseil supérieur de l'audiovisuel conduit une action déterminée au service de la santé publique. En application de l'article 1er de la loi du 30 septembre 1986, qui définit les limites pouvant être apportées à  l'exercice de la liberté de communication, il veille à ce que les programmes des services de télévision et de radio ne puissent avoir pour effet d'inciter à des pratiques ou à des comportements dangereux pour la santé de la population. Le Conseil a régulièrement adopté des recommandations portant sur la manière dont les programmes traitent du tabac, de l'alcool et, plu encore, des drogues illicites, en transcrivant dans l'univers audiovisuel les évolutions des lois relatives à la santé publique. L'exposition de l'alcool et du tabac est aujourd'hui très encadrée, au premier rang, bien sûr, s'agissant de la publicité ; celle des drogues illicites est interdite à l'exception des programmes d'information, des documentaires et de la fiction. Une signalétique particulière doit être apposée sur les programmes comportant des scènes jugées choquantes pour les enfants et les adolescents, ou risquant d'être mal comprises par eux et vues comme une incitation à des conduites addictives dangereuses.    
Grâce à la vigilance des éditeurs des services audiovisuels, ces règles sont aujourd'hui bien respectées. Cependant, la forte croissance de la consommation de drogues illicites dans notre pays incite à agir avec encore plus de volonté. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a donc noué un partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Leur travail commun ne doit pas s'orienter principalement vers les sanctions, il ne doit pas seulement concerner le respect des règles, il doit participer de la réorientation générale des politiques de santé vers la prévention, il doit permettre de nouer avec les éditeurs un dialogue fructueux sur ces questions qui intéressent tous nos concitoyens.
Cette réflexion ne peut ignorer le domaine de la fiction audiovisuelle. Qu'il s'agisse de fictions au réalisme social affirmé, ou de fictions au ton décalé, voire corrosif, de nombreux programmes abordent la question des substances addictives, en particulier celle des drogues illicites. La liberté de création est une valeur essentielle aux yeux du Conseil, qui soutient fermement la créativité et l'innovation. Ainsi, des programmes de fiction, dès lors que le scénario le justifie, peuvent recourir à l'exposition de conduites addictives. Cela n'empêche pas de mener une réflexion concertée avec les auteurs et les réalisateurs, cela n'empêche pas de protéger les publics les plus fragiles, notamment par des messages de prévention adaptés. Je souhaite que les éditeurs audiovisuels s'investissent pleinement aux côtés de la Mission et du Conseil sur ce thème, et qu'ils participent activement à la politique de prévention que nous sommes résolus à mettre en ?uvre.

Michel Boyon, Président du Conseil supérieur de l'audiovisuel

 

 



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