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Vannes. La thèse de la prise passive de cannabis rejetée

Fumer passivement du cannabis est aussi un délit...

Souce : http://www.letelegramme.com/gratuit/generales/regions/morbihan/vannes-la-these-de-la-prise-passive-de-cannabis-rejetee-20080605-3204610_1350565.php
Date : 05-06-2008

Une jeune conductrice n'est pas parvenue à convaincre, hier, le tribunal correctionnel de Vannes que son accident du 30 novembre 2005 était du à du « cannabisme passif ». C'est une femme de 21 ans tétanisée par la perspective d'être jugée qui s'est présentée, hier, au tribunal correctionnel de Vannes. Les yeux rougis par les pleurs, la prévenue enceinte comparaît pour blessures involontaires provoquées lors de la conduite d'un véhicule sous l'empire du cannabis. L'affaire a déjà été évoquée devant la juridiction vannetaise le 12 décembre 2006. Quelques jours plus tard, le tribunal ordonnait un supplément d'information pour vérifier la crédibilité des propos de la jeune femme. Cette dernière affirmait qu'elle n'avait pas consommé activement du cannabis avant l'accident survenu le 30 novembre 2005, à Questembert. Pour expliquer la présence d'1,6 ng de tétrahydrocannabinol (THC, substance active du cannabis) dans son sang, la prévenue avait indiqué s'être trouvée en présence d'un fumeur de joints pendant toute une après-midi, dans une pièce non ventilée.

« Cela n'explique pas un taux aussi élevé »

Un an et demi après l'ordonnance du tribunal, l'expert a rendu ses conclusions sur l'hypothèse du « cannabisme passif ». « Selon lui, l'inhalation passive de fumée ne peut pas expliquer un taux aussi élevé », a indiqué le juge Jean-Yves Cavaud, hier. Le tribunal a donc déclaré la prévenue coupable de blessures involontaires sous l'empire de stupéfiants et l'a condamnée à un mois de suspension de permis. Le substitut du procureur, Arnaud Marie, avait requis deux mois de suspension de permis.
Des approximations
« Même si elle n'a pas fumé activement du cannabis, elle savait qu'elle était exposée à une substance illicite », a souligné le magistrat du parquet. Ce dernier a cependant émis des doutes sur la crédibilité de l'expertise scientifique, estimant que celle-ci se fonde sur « des approximations ». « Le médecin n'a pas mené de tests et se base sur des études anciennes ». Même son de cloche du côté de l'avocat de la défense. « Sur un site officiel du gouvernement, on peut lire que le rapport entre exposition passive au cannabis et dépistage n'est pas clairement établi. Nos scientifiques sont dans le brouillard. Or, ma cliente n'a pas fumé activement. »

 



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