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Un dealer de drogue reconnaît son client parmi les policiers

Un dealer et son client policier comparaissent au tribunal de Limoges....

Source : http://www.francesoir.fr/faits-divers/2008/08/29/un-dealer-de-drogue-reconnait-son-client-parmi-les-policiers.html
Date : 29-08-2008

 
Depuis deux ans, Richard, policier à Limoges, fumait avec quelques amis en dehors du service, Jusqu'au jour où l'un de ses fournisseurs a été interpellé.

Pas facile, lorsqu'on est fonctionnaire de police, de se faire des amis. Encore moins lorsque l'on change d'affectation. En 2005, Richard, un policier de 38 ans arrivant au commissariat de Limoges, désespérait de n'avoir plus d'amis. « J'avais connu le cannabis à l'école de police, alors j'ai commencé à fumer quelques joints », expliquait-il mardi aux juges devant lesquels il comparaissait. De fil en aiguille, il s'est ainsi constitué un cercle d'amis fumeurs de shit, qu'il dépannait parfois. « Par respect pour mes collègues, je n'ai jamais acheté de drogue dans les rues de Limoges », précise-t-il. Certes, mais au cours d'une soirée, en juillet 2007, il croise un dealer qui est dans le collimateur de la police. « Ce soir-là, nous avons bu et fumé, mais il ne savait pas que j'étais fonctionnaire de police. » Dans la salle, quelques collègues qui n'ont jamais soupçonné cette addiction avant l'incident du commissariat écoutent. Médusés.

 « J'ai honte »

Le pot aux roses a été découvert en avril dernier, lorsqu'un dealer, interpellé, croise Richard dans les couloirs du commissariat de Limoges. Il reconnaît son client potentiel et lance : « Même dans la police on se drogue. Lui, il a déjà fumé avec moi. » Richard, embarrassé, commence par nier. Pas longtemps. Aussitôt, il passe de l'autre côté du bureau et se retrouve, menottes aux poignets, placé en garde à vue. « J'ai enfreint la loi, j'assume ce que j'ai fait, c'est pourquoi j'ai tenu à dire la vérité dès le début », explique le policier ripou. Mais la justice n'apprécie guère ce comportement. « Au lieu de combattre les revendeurs, vous contribuiez à leur prospérité en leur achetant de la résine de cannabis, s'étrangle le substitut du procureur de la République. ? Je consommais très peu, j'ai honte pour moi-même, pour ma famille, mais surtout pour mes collègues, car j'ai terni l'image de la police », s'excuse le fonctionnaire, qui a été suspendu de ses fonctions dans l'attente de comparaître devant le conseil de discipline qui doit statuer sur la demande de révocation formulée par ses supérieurs.

ses côtés, un comparse de fumette, sans emploi, qui consomme depuis la disparition de son frère et qui dépannait Richard. Lui aussi s'excuse et promet qu'il ne replongera pas. Pour s'en assurer, le substitut du procureur réclame deux et quatre mois de prison avec sursis, précisant que « cette condamnation ne le dédouanera pas des sanctions disciplinaires à venir car, lorsqu'on est policier, on ne se drogue pas ».

Insistant sur la honte ressentie par son client, « surtout lorsqu'il a déambulé, menotté, dans le commissariat », l'avocate de la défense a souligné que les médecins estiment qu'il s'agit réellement « d'un consommateur occasionnel, qui n'est pas dépendant des stupéfiants ». Elle a réclamé l'indulgence du tribunal, rappelant qu'une sanction disciplinaire allait suivre.

Les deux prévenus ont écopé de deux mois de prison avec sursis.

 



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