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Légalisation du cannabis: le débat est lancé au Maroc

Au Maroc, un collectif demande que la production de canabis soit encouragée...

Source : www.laprovence.com
Date : 10-10-2008

Vingt mille km², soit 2,7% de la superficie totale du Maroc. Ce n'est pas là un espace qui serait réservé à l'une des villes nouvelles que le royaume chérifien voudra créer, mais c'est bien la surface sur laquelle pousse le chanvre (le cannabis), surtout dans le nord du pays.

Cet indicateur a été donné en 2004 par l'Office des Nations unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC). En 2008, la situation n'a pas beaucoup changé.

Aujourd'hui encore, l'organisation onusienne considère le Maroc commela principale source de résine de cannabis (haschisch), alimentant en particulier le marché européen.

Un usage médical Les différentes campagnes lancées par les autorités marocaines, avec l'aide européenne, pour éradiquer la culture de "l'herbe illicite", sont donc loin de réussir.

C'est ce qui apporte de l'eau au moulin d'un collectif nouvellement créé et qui milite pour que la production du cannabis dans le royaume ne soit pas éradiquée, mais plutôt encouragée.

Composé de militants associatifs, de juristes et de scientifiques, tous Marocains, ce collectif n'y va pas par quatre chemins, il se donne pour nom "Groupe pour la légalisation de la culture du cannabis au Maroc". L'un de ses membres, Chakib Khiyari, président de l'association du Rif pour les droits de l'Homme, est catégorique : "Le cannabis présente des avantages évidents qu'il est possible d'explorer et exploiter de manière positive, dans un cadre tout à fait légal". Abderr Ahmane Merzouki confirme : "Il est aujourd'hui scientifiquement prouvé que le cannabis peut bien être utilisé notamment dans le domaine médical et celui du textile". Ce biologiste et enseignant chercheur à la faculté des sciences de Tétouan (au nord du Maroc), proche du collectif, précise que le cannabis est la plante la plus étudiée au monde.

Selon lui, cette herbe a déjà été à la base de quatre nouveaux médicaments en 1998, dont un spray connu et reconnu contre les douleurs chroniques.

"Notre cause n'est donc pas la même que celle des militants pour la 'dose légale' de haschich", tiennent à préciser tous les membres du collectif.

Pour défendre ce qui semble être, malgré tout, l'indéfendable au Maroc, Khiyari et Merzouki avancent un autre argument, social celui- là. Comme les autres membres du collectif, ils affirment vouloir "contribuer à l'instauration d'une économie véritablement alternative puisque le recours aux plantations dites alternatives a montré ses limites dans les régions du nord du Maroc où la culture du cannabis fait florès".

Même si elle est officiellement interdite, cette culture, d'après un rapport publié sur le site du Sénat français, ferait vivre environ 80.0000 personnes, soit 2,5% de la population totale du Maroc.

Pour se faire entendre, le Groupe pour la légalisation de la culture du cannabis au Maroc multiplie ces derniers jours les réunions et les demandes d'appui, financier notamment, en vue d'organiser prochainement un colloque international à Rabat sur le sujet.

Son objectif premier est de dissiper l'écran de fumée qui entoure la question.



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