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Drogue : 2èmes rencontres nationales pour améliorer la réduction des risques

Résumé de la conférence de presse des rencontres nationales de la RdR...

Source : AFP
Date : 16/10/2008

BOBIGNY, 16 octobre 2008 (AFP) - Les deuxièmes rencontres nationales de la réduction des risques en matière de drogue se sont ouvertes jeudi à Bobigny avec pour objectif la relance de ces activités lancées dans les années 1980 qui se heurtent aujourd'hui selon les associations à "un climat sécuritaire".

Si depuis les années 1980 la RdR a enregistré de vrais succès comme les  contaminations VIH divisées par 20 grâce à la distribution de seringues, elle est aujourd'hui "handicapée par des conflits de logiques entre l'ordre et la santé publique", assure Valère Rogissart, vice-président de l'Association française pour la réduction des risques liés aux usages de drogues (AFR).

"Nous ne progressons plus ou pas assez", assure M. Rogissart. "En matière de VHC (hépatite C), les résultats sont effectivement moins probants, les contaminations sont massives, elles interviennent tôt et trop peu de personnes sont traitées", dit-il. "Les incohérences induites par la pénalisation des drogues constituent un frein majeur au développement de la RdR".

"La balle est dans le camp des politiques", renchérit Jean-Pierre Couteron, président d'Anitea, association de RdR. "C'est une question de courage".

Les associations se sont réjouies de la présence de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot-Narquin qui a déclaré jeudi matin s'inscrire "dans la filiation" de Michèle Barzach qui en 1986 avait autorisé la mise à disposition de seringues à l'usage des toxicomanes.

La ministre a indiqué avoir demandé une expertise collective Inserm sur les stratégies de RdR et une étude sur le rôle des pharmaciens.

Elle a également déclaré vouloir "mieux évaluer les méthodes d'éducation aux risques liés à l'injection, en collaboration avec les associations qui sont au plus près des personnes souffrant d'addictions".

"Une porte entrouverte" mais un discours jugé "très classique" par M. Couteron.
"Pour le moment", souligne Marie Debrus, de Médecins du Monde (MDM) "un intervenant qui montre les gestes qui sauvent en matière d'injection peut tomber sous le coup de la loi alors que nous sommes en pleine explosion du VHC".

"C'est un motif d'interdiction professionnelle d'être usager de drogues pour un éducateur", souligne Pierre Chappard, d'ASUD, première association d'usagers créée en 1992.

"Il n'est plus possible de proclamer que l'on soutient la RdR tout en refusant de remettre en cause le cadre légal", assure M. Rogissart, parlant notamment de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanie (Mildt) avec laquelle "les ponts sont presque coupés".

"Aujourd'hui le climat sécuritaire, les nouvelles législations répressives et le nouveau plan de la Mildt, axé sur le rappel à la loi, le déni des résultats et le frein mis à l'élargissement de la palette des outils de la RdR sont autant de menaces qui pèsent sur notre travail", souligne Béatrice Stambul, présidente de l'AFR.

 



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